Inégalités femmes-hommes: s’interroger sur les causes

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Ouverture de la Semaine des droits des femmes le 5 mars à l’Hôtel de Ville

Malgré les avancées législatives, les inégalités entre femmes et hommes restent à un niveau intolérable. Les différences de salaires, à poste égal et à carrière équivalente, sont encore de 10 à 20%. Une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur sont des femmes, mais elles ne représentent seulement qu’un tiers des cadres. Le 2 novembre dernier, le Forum économique mondial a publié son rapport annuel sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans 144 pays : pour la première fois depuis 10 ans, les inégalités se creusent. Pour arriver à l’égalité au travail, il faudra attendre l’année 2234, soit 216 ans ! La France se situant en 64ème position pour l’équité économique. Pas de quoi pavoiser…

Mais il y a pire. Les femmes restent les principales victimes des violences. Tous les 3 jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint. Plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année. Seules 16% portent plainte, et 10% déposent une main courante. 83 000 qui sont victimes de viol ou tentative de viol, la France se situant même au 6ème rang mondial selon un rapport des Nations Unies publié en 2010… Des progrès récents sont notables autour de la libération de la parole, notamment grâce aux hashtags #metoo et #balancetonporc, qui ont permis une hausse des plaintes pour viols et agressions sexuelles. Sur le constat, il y a consensus, mais de toute évidence il n’est pas suivi d’actes suffisants.

Dès que l’on veut changer les choses, le dissensus, voir la polémique, arrivent. Tout d’abord, on peut s’étonner de l’écart entre les discours, qui font des droits des femmes une priorité, et les actes, en particulier sur le plan budgétaire : avec un budget de 30 millions d’euros, et même si c’est un niveau historiquement haut, le budget du Secrétariat à l’égalité femmes-hommes ne représente que 0.007% du budget de l’Etat, loin derrière d’autres pays comme le Canada, qui y consacre 14 fois plus, et même l’Espagne, qui y consacre 3 fois plus. Marlène Schiappa, la Secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes a en outre annoncé de nouvelles sanctions pour le harcèlement de rue. On ne peut que se réjouir d’une telle disposition, qui aura au moins le mérite d’indiquer clairement ce qui est autorisé, et ce qui est interdit.

L’ensemble des politiques publiques actuelles, de l’accueil des femmes en danger, au dépôt de plainte ou la formation de la police visent, aussi indispensables qu’insuffisantes, à corriger les effets plutôt qu’à traiter les causes profondes. Il en est de même, concernant les rapports de situation sur l’égalité femmes-hommes dans les entreprises et les collectivités. En effet, les inégalités découlent de stéréotypes fortement ancrés dans nos sociétés patriarcales. Les discriminations et les violences ont pour point commun de naître là où quelqu’un place un sexe au-dessus de l’autre. C’est pour cela que l’éducation à l’égalité doit avoir toute sa place pour déconstruire les stéréotypes de genre si profondément enracinés. Suite à l’échec des « ABCD de l’égalité », et les polémiques lunaires sur « la théorie du genre », cette pédagogie de l’égalité est à réinventer et à diffuser le plus largement possible, pour qu’elle puisse faire son œuvre auprès des générations futures. Il ne s’agit nullement de nier les différences entre les sexes ou les genres, mais d’interroger ce qui nous pousse à penser, dans nos sociétés, que l’un serait supérieur à l’autre.

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