Traite négrière et esclavage : pour ne jamais oublier ces crimes contre l’Humanité

La journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions du 10 mai est l’occasion de revenir sur le nécessaire travail de mémoire. De la fin du XVIIème au milieu du XIXème siècle, la France a organisé au moins 4 220 expéditions négrières, dont 1 714 par des armateurs nantais. Bordeaux arriverait en deuxième position avec 508 expéditions et la déportation de plus de 130 000 esclaves noirs vers les possessions françaises. D’autres sources parlent plutôt de la quatrième position après Le Havre et La Rochelle, mais peu importe le classement, l’abomination du commerce triangulaire commande de porter un regard lucide sur l’Histoire. Ce travail de mémoire, débuté à Bordeaux il y a un peu plus de 10 ans, est fondamental. Par son impact sur les descendants des personnes ayant fait l’objet de cette traite, mais également au regard des formes modernes d’esclavage, il s’inscrit dans notre histoire contemporaine et constitue un des éléments visant à préserver notre cohésion sociale.

Les actions mémorielles à Bordeaux. LouvertureEn 2005, un buste de Toussaint Louverture, grande figure des mouvements anticolonialistes et abolitionnistes, ainsi qu’un square à son nom ont été inaugurés sur la rive droite de la Garonne en face du quartier des Chartrons (photo). Deux ans auparavant, une plaque commémorative a été posée sur l’immeuble du 44 rue Fondaudège qui fut la dernière résidence de son fils Isaac. En 2006, une autre plaque a été inaugurée sur le quai des Chartrons. Il y est inscrit :« À la fin du XVIIème siècle, de ce lieu est parti le premier navire armé dans le port de Bordeaux pour la traite des Noirs. Plusieurs centaines d’expéditions s’ensuivirent jusqu’au XIXème siècle. La Ville de Bordeaux honore la mémoire des esclaves africains déportés aux Amériques au mépris de toute humanité. »

Des salles permanentes au Musée d’Aquitaine. Inaugurée en 2009, l’exposition « Bordeaux au XVIIIème siècle, le commerce atlantique et l’esclavage » présente les conditions de vie et des relations sociales qui existent dans les plantations, la vente des esclaves, les sévices corporels, l’infanticide, l’organisation du travail, la mortalité, l’affranchissement, le marronnage et les révoltes. Sont également relatés les combats pour l’abolition, menés de part et d’autre de l’océan. Enfin, l’exposition s’intéresse aux conséquences de l’esclavage dans nos sociétés en s’interrogeant sur les héritages politiques, sociaux et culturels nés de cette histoire. Le Musée nationale des douanes s’intéresse lui aussi à cette question au travers d’une maquette de bateau négrier, qui sert de support à une mallette pédagogique élaborée à partir de documents des archives départementales.

Le samedi 10 mai 2014, une cérémonie officielle de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, est organisée en présence d’Alain Juppé à 10 heures sur le quai des Chartrons, face à la Cité Mondiale. Le même jour à 15h30, la Licra organise en partenariat avec la bibliothèque de Bordeaux une table ronde sur le thème « Chemins d’esclaves, regards d’hier et d’aujourd’hui » en présence d’historiens et de Christian Block, co-commissaire des salles sur le XVIIIème siècle du Musée d’Aquitaine (Bibliothèque Mériadeck, auditorium Jean-Jacques Bel). Enfin, ce travail de mémoire se poursuivra par une réflexion au sein du Conseil de la diversité de la Ville de Bordeaux, dont la prochaine réunion sera consacrée à ce thème.

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