Esclavage : Bordeaux face à son passé

Du 3 au 19 mai, Bordeaux a commémoré l’abolition de l’esclavage, la traite et leurs abolitions, avec de nombreux partenaires. Pour développer ce travail de mémoire, Alain Juppé a souhaité la mise en place d’une commission de réflexion, qui commencera ses travaux dans les prochains jours. Car c’est en portant un regard lucide sur le passé qu’une société plus juste pourra être bâtie, où chacun trouve sa place.

Esclavage

Bordeaux a été le 3ème port négrier français, après Nantes et La Rochelle. L’indispensable travail de mémoire a commencé il y a plusieurs années, et s’est notamment traduit par la mise en place d’un buste de Toussaint Louverture sur un square à son nom rive droite et l’ouverture des salles sur le 18ème siècle au Musée d’Aquitaine, largement consacrée à ce crime contre l’Humanité, qui continue aujourd’hui de peser sur les consciences. Parce qu’il existe des formes modernes de traite, et que la passé doit nous aider à ne pas renouveler les mêmes erreurs aujourd’hui. Et parce que le racisme et les discriminations prennent ancrages sur des théories racistes élaborées pour justifier le traitement inhumain et terrible qu’on subit des millions de personnes. Comme le disait le regretté Aimé Césaire, « Le racisme commence avec la colonisation car il a fallu légitimer cette entreprise ».

Les commémorations ont été particulièrement marquantes cette année, avec une vingtaine d’actions organisées dans toute la ville. Merci aux associations qui y ont largement contribué : L’A.Cosmopolitaine, Mémoires et Partages, ACM, Pourquoipas33 les amis du Clown Chocolat, La Licra, MC2A. Merci également au Rectorat qui a permis la participation de plusieurs dizaines de collégiens à la cérémonie officielle, qui ont chanté, dansé, et joué de la musique. L’an prochain, nous aurons une cérémonie encore plus grandiose, avec quelques surprises…

Mais 10 ans après le rapport de la première commission sur la mémoire de l’esclavage, qui était présidée par Denis Tillinac, journaliste et écrivain, Alain Juppé a souhaité que la réflexion soit approfondie sur la pédagogie qui, dans ce domaine, pourrait être renforcée à Bordeaux.

Cette commission devra rendre ses conclusions avant la fin de l’année au Maire de Bordeaux. Sa méthode reposera sur l’audition des acteurs engagés sur les questions mémorielles, une enquête sur les attentes du grand public et l’analyse des actions engagées par les autres villes en la matière.

Sa composition est la suivante :

  • Myriam Cottias, Directrice de recherches CNRS présidente du Comité national pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage ;
  • Karfa Diallo, Directeur de l’association mémoire et partage ;
  • Marik Fetouh, Adjoint au Maire de Bordeaux chargé de l’égalité et de la citoyenneté, président de la commission ;
  • François Hubert, Directeur du Musée d’Aquitaine ;
  • Carole Lemee, Anthropologue, enseignante universitaire, membre bureau Licra, membre du conseil scientifique la fondation pour la mémoire de la déportation ;
  • Yoann Lopez, Sociologue, chercheur associé au centre Emile Durkheim, coordinateur scientifique de la commission ;
  • René Otayek, Directeur de recherche au CNRS et à SciencesPo Bordeaux, représentant le laboratoire LAM « Les Afriques dans le Monde ».

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