Ensemble vers une métropole citoyenne

IMG_3596.jpgDiscours prononcé le 31 janvier 2018 à l’occasion des voeux

Cher-e-s ami-e-s,

Je suis extrêmement heureux, et touché, de vous voir aussi nombreuses, et nombreux, pour ces tous premiers vœux que j’organise depuis que je suis élu. L’année 2017 a été particulièrement intense, et je voulais vous réunir toutes et tous, pour vous souhaiter une très belle année 2018 bien entendu, mais également pour vous remercier.

Remercier les nombreux acteurs du monde associatif et les agents avec lesquels je travaille, à la Ville et à la Métropole, et en particulier Isabelle Amicel, Sébastien Mathieu, les agents du CCAS présents et tous ceux qui m’accompagnent au quotidien dans mes fonctions d’élu.

Remercier également les personnes qui m’ont soutenu pendant la campagne des législatives à Villenave, comme Denis, Marc, Rémi, Jean-Louis et Gabrielle, à Bègles comme Martine, Jean-Pierre, Julien, Ibaha et Thierry, à Talence comme Max , Stéphane, Philippe, Lucas et Laetitia, et pour finir à Bordeaux comme Emilie, David, et Fabien. Je ne peux pas citer tout le monde, mais chacun se reconnaîtra.

Je voulais également remercier pour leur présence, et pour leur soutien, des personnalités qui sont venues ce soir en tant qu’amis, comme Philippe Loiseau, Vice-président de la CCI, Dan Hall, Consul des Etats-Unis ou encore Daniel Picotin, ancien Député et Maire honoraire de Saint-Ciers.

Du fond du cœur, merci à toutes et à tous pour votre présence ce soir. Et pour votre soutien. Sans vous, sans votre implication, rien ne serait possible. Vous avez tous un point commun, c’est de placer l’humain au cœur de votre engagement et c’est cette valeur, celle de l’humanisme, qui guide mon action au quotidien. En tant qu’élu, comme en tant que professionnel de santé, ou encore comme responsable du Centre de Prévention de la Radicalisation, le CAPRI.

La politique n’est pas toujours chose facile. Il y a une opposition artificielle entre majorité et opposition, là où l’intérêt général nécessite au contraire de bâtir des majorités d’idées. L’ambition personnelle prime parfois sur les projets collectifs, comme c’est malheureusement le cas lorsque l’on se rapproche des élections municipales. Il y a une brutalité de certains élus, qui ne disent pas toujours bonjour, et se montrent parfois même méprisants. Et en ce qui me concerne, j’ai en plus l’opposition des franges les plus conservatrices sur la politique du vivre ensemble que nous mettons en œuvre. J’ai appris ce matin que la Manif Pour Tous avait écrit au Président de l’Université pour se plaindre des conférences que nous avons organisées avec la faculté de droit dans le cadre de la Quinzaine de l’égalité…

Pour supporter tout cela et survivre dans cet environnement hostile, il est primordial de se sentir soutenu. De sentir que l’on n’est pas seul. De sentir que l’énergie n’est pas dépensée en vain. Votre présence ce soir est pour moi un immense réconfort. Elle m’encourage à poursuivre mon action et renforce mon engagement au quotidien.

Je tire de l’année 2017, un bilan mitigé à titre personnel. Bien entendu, une grande déception de ne pas avoir été élu député pour 131 malheureuses voix. Je dois avouer que j’avais refusé à plusieurs reprises d’être candidat, avant d’accepter sous la pression amicale des conseillers du Président Macron. Je me suis dit finalement que le fait d’être parlementaire me permettrait d’avoir un impact national sur les dossiers qui me tiennent à cœur, mais aussi d’être au service de mon territoire de manière plus large que ce que je peux faire à la Mairie, notamment sur d’autres thématiques pour moi fondamentales, comme la cohésion sociale et le développement durable. Mais il faut faire le deuil de cet échec, tout relatif, dans une circonscription réputée imprenable, et à présent regarder vers l’avenir.

Comme le disait l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson, l’important, ce n’est pas la destination, c’est le voyage. Et ce voyage que je fais depuis 2014, date de mon entrée à la Mairie de Bordeaux, est dans l’ensemble, même s’il est parfois difficile, un très beau voyage, fait de très belles rencontres, avec les très belles personnes que vous êtes, et aussi de belles réalisations collectives.

Je pense notamment à la Quinzaine de l’égalité au mois de novembre, avec 9 communes de la métropole, qui a réuni plus de 120 actions et de 12 000 participants. Je pense également aux Journées de la laïcité au mois de décembre, avec la visite des lieux de cultes, ainsi que de nombreuses conférences avec des chercheurs en sciences humaines venus débattre à l’Université.

Je pense aussi à tout ce que nous allons faire en 2019, avec la 1ère Semaine de l’égalité femmes-hommes autour du 8 mars, qui est comme vous le savez la journée internationale des droits des femmes.

Il y aura également la première nuit citoyenne, le 28 mars, où toutes les structures associatives, toutes les structures culturelles, où finalement tout le monde pourra organiser une table ronde, un débat, une manifestation sur le thème « comment faire ville ensemble ? ». Nous lancerons à cette occasion un budget participatif de 20 000 euros, si les arbitrages budgétaires ne nous sont pas défavorables, pour permettre à tous les citoyens et toutes les citoyennes de proposer des projets, qui seront départagés par un vote des habitantes et des habitants.

Bien sûr, il y aura également la Semaine de la Mémoire en mai, pour commémorer l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage, qui sera l’occasion de présenter un nouveau plan d’action pour développer la mémoire sur ces crimes contre l’humanité. Nous proposerons notamment la construction d’un mémorial dans la Garonne, à l’effigie d’une esclave passée par Bordeaux, dont nous sommes en lien avec la descendante. Ce sera également l’occasion de célébrer le 50ème anniversaire de la disparition de Martin Luther King en partenariat avec le Consulat américain.

Le 17 mai, pour la journée internationale contre l’homo et la transphobie, nous aurons une table ronde sur l’homophobie dans le monde du travail et je l’espère, la signature de la Charte de l’association l’Autre Cercle, qui vise à lutter contre ce phénomène. En juin, nous ferons un bilan un an après le vote du plan de lutte contre les discriminations de 69 actions, et organiserons nos rencontres annuelles sur la prévention de la radicalisation. En septembre, nous lancerons un réseau d’accès aux droits pour les personnes discriminées avec le Conseil de l’Ordre des avocats, l’Ecole Nationale de la Magistrature et la faculté de droit.

En novembre, il y aura la 5ème Quinzaine de l’égalité, puis en décembre les Journées de la laïcité avec deux nouveaux partenaires, l’Ordre des avocats et SciencesPo Bordeaux, et un hommage à Malek Chebel, disparu il y a un peu plus d’un an, et promoteur d’un Islam des Lumières, sera organisé.

Un programme particulièrement riche et intense pour ce qui concerne la Ville de Bordeaux et les communes qui travaillent avec nous. Mais comme vous pouvez le constater, mon énergie n’ayant pas encore atteint ses limites, il est important pour moi de réfléchir et d’agir au-delà du cadre municipal. Dès demain, je participerai à un groupe de travail d’une dizaine de membres au Ministère de la cohésion des territoires qui vise à rédiger le plan de lutte contre les discriminations du gouvernement. Je tiens à préciser que j’ai été nommé sur proposition de l’administration centrale, au regard de ce que nous faisons à Bordeaux dans ce domaine. J’y présenterai le plan de lutte contre les discriminations de la Ville de Bordeaux qui servira de base aux échanges.

Il est également important pour moi d’aller au-delà des sujets de ma délégation d’élu. La campagne législative m’en a donné le goût, et m’a rappelé, qu’avant d’être un acteur du vivre ensemble, j’étais très engagé sur les questions sociales et environnementales comme je vous l’ai indiqué. Après cette campagne, vous avez été nombreux à me demander sous quelle forme nous pourrions poursuivre nos échanges et notre travail sur les diverses questions qui nous tiennent à cœur. Afin de prolonger cette formidable dynamique, et de fédérer toutes les énergies et les idées qui permettront demain de renouveler en profondeur l’action politique au sens noble, c’est à dire l’action des élus mais également des acteurs associatifs et des citoyens, je vous fais ce soir la proposition de construire ensemble une maison commune.

Cette maison commune sera une association, dont je propose qu’elle se nomme « Métropole Citoyenne ». Elle aura vocation à permettre à toutes et tous, militants associatifs, acteurs culturels, citoyennes et citoyens, engagés en politique ou non, de réfléchir ensemble à la métropole que nous voulons demain. Alors que certains phosphorent sur Bordeaux en 2050, je vous propose plutôt de réfléchir de manière collaborative à ce qu’il nous faut améliorer, en matière de cadre de vie, de logement, de transport, d’environnement, de vivre ensemble, de sécurité et de solidarité, dans les années à venir.

Cette démarche est apolitique au sens de partisan : tout le monde, quelles que soient ses opinions, est invité à participer. Mais elle est fondamentalement politique au sens de l’organisation de la cité. Toutes les personnes intéressées par la construction de « Métropole citoyenne » peuvent laisser leurs coordonnées sur les fiches qui vous seront distribuées pendant l’apéritif, avec vos centres d’intérêts. L’association sera créée d’ici le mois de juin. Et en attendant, je vous propose de commencer la réflexion avec des ateliers de la lutte contre les discriminations, qui permettront de nourrir la réflexion nationale. Le premier atelier se déroulera à Villenave d’Ornon.

J’aurais encore beaucoup de chose à dire, mais il est important également que nous puissions échanger simplement tous ensemble autour d’un verre et des tapas. Alors je vais conclure en vous souhaitant une très belle année 2018, pleine de bonheur, de réussite, et d’amour. Ce qui m’amène à aborder un événement qui nous a énormément touché. Nous avons perdu il y a peu, un élu de premier plan que je connaissais depuis 10 ans, adjoint au maire du Bouscat, Président du groupe MoDem au Conseil régional, Joan Taris, qui a choisi de mettre fin à ses jours. Quelles que soient les motivations de son acte, il nous rappelle à quel point nous sommes des êtres sensibles et fragiles, dont le bonheur et l’épanouissement dépendent aussi des échanges et du soutien que l’on peut avoir les uns envers les autres.

Alors pour cette nouvelle année je vous souhaite plus que jamais une année pleine d’amour, pour vous-même et aussi pour toutes les personnes qui vous sont chères. Savourons la chance que nous avons d’être en vie, d’être bien portants, et de pouvoir manger à notre faim, et surtout n’oublions pas de prendre soin les uns des autres.

Je vous souhaite une excellente année, fraternelle et citoyenne, à toutes et tous !

 

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Mélina dit :

    j’aime me promener sur votre blog. un bel univers. Très intéressant. vous pouvez visiter mon blog naissant ( lien sur pseudo) à bientôt.

    Aimé par 1 personne

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